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  • Pierre Louault

Accord en commission mixte paritaire sur le projet de loi néonicotinoïdes



Je prenais la parole hier à propos de l'accord que nous avons trouvé en commission mixte paritaire avec l'Assemblée nationale, à propos du projet de loi permettant la réintroduction des néonicotinoïdes pour la culture de la betterave, limité à une durée de 3 ans.


Ce projet de loi a engagé un débat passionnel alors que la suppression des néonicotinoïdes votée voilà deux ans en catastrophe, par un simple amendement, sans analyse des conséquences est l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire.


Il faut supprimer ces insecticides qui ne sont pas indispensables pour 75 % des cultures mais qui le restent pour les 25 % restants, dont la betterave. Cette suppression aboutirait à la disparition pure et simple de la filière sucre en France. Alors que nous savons que la betterave n’est pas fréquentée par les insectes pollinisateur qui sont les premières victimes des néonicotinoïdes.


En interdisant les néonicotinoïdes aujourd’hui, on prend le risque d'importer du sucre de canne du Brésil, issu de la déforestation de la forêt amazonienne. Un comble, alors que l'opposition au projet de loi ne cesse de pointer le danger pour l'environnement de cette réintroduction. D'où la nécessité d'avoir un débat apaisé, qui voit au-delà des clivages idéologiques.


C'est dans cet objectif que j'ai saisi cette occasion afin d’évoquer l’utilisation des produits phytosanitaires en agriculture. On ne peut pas ignorer qu’en un siècle et demi la population mondiale est passée de sept cents millions à sept milliards d’habitants, dont 1 milliard qui meurt de faim.


Il faut certes nourrir les français mais contribuer aussi à nourrir une part du monde qui n'a pas la chance d’avoir des terres aussi fertiles et une agriculture performante, qui est la plus vertueuse du monde.


Par ailleurs, il faut arrêter d’importer des aliments qui utilisent des produits interdits en France et créer une véritable barrière écologique aux frontières de l'Union européenne.


Dans le même temps il faut poursuivre et renforcer les efforts pour utiliser moins de produits de traitement, car aujourd'hui, même les agriculteurs bio ne peuvent pas se passer de certains insecticides, mais aussi du cuivre, du soufre ou des résidus des élevages industriels qui fertilisent leurs terres.


Il faut tout mettre en œuvre pour faire évoluer les méthodes de culture et réduire les produits de traitement pour que l’agriculture ai le moins d’impact possible sur l’environnement. Mais il ne faut pas raconter de mensonges aux Français, ça n’est pas en revenant à des méthodes ancestrales qui avaient cours lorsque la population était 10 fois moins importante qu’on nourrira les Français et le monde.

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